14 000 foyers français produisent déjà leur propre électricité

Enedis, gestionnaire du réseau de distribution, s’attend à une forte croissance de l’autoproduction.

ÉNERGIE En France, quelque 14 000 foyers consomment aujourd’hui l’énergie qu’ils produisent – grâce à un système de panneaux solaires – et ce n’est qu’un début. Enedis (ex-ERDF), gestionnaire du réseau de distribution d’électricité, accompagne le mouvement en déployant actuellement les infrastructures nécessaires. « Nous sommes en présence d’un véritable phénomène sociétal, explique Jean-Baptiste Galland, directeur de la stratégie d’Enedis. Dans ce contexte majeur constitué par la transition énergétique, de plus en plus de clients résidentiels mais aussi des industries et des bâtiments tertiaires veulent autoconsommer. Partant du principe qu’une partie de leur production pourra aussi être injectée sur le réseau, nous devons effectuer tous les branchements nécessaires. » En l’occurrence, tous les ménages intéressés par un tel dispositif doivent se rapprocher du distributeur pour effectuer une demande de raccordement – qui donne lieu à une convention entre les deux parties.

Pour le moment, Enedis n’indique pas combien de ménages supplémentaires seront bientôt autoconsommateurs. « Qui sait si nous n’assisterons pas à un raz de marée comme celui de l’iPhone ? s’interroge Jean-Baptiste Galland. Il faut probablement s’inscrire sur le long terme mais cela n’empêche pas qu’il y a une réelle appétence pour le sujet. » À l’heure actuelle, plus de 350 000 installations domestiques – pour l’essentiel photovoltaïques – sont reliées au réseau de distribution : cette production n’est pas autoconsommée mais directement injectée sur les lignes d’Enedis. « Certes, cette base d’installations ouvre des perspectives à l’autoconsommation, mais ce n’est pas pour tout de suite, remarque Hervé Lextrait, chef du département producteurs. En effet, les ménages concernés disposent déjà d’un tarif de rachat pour l’électricité produite et ils iront au terme de ce contrat avant de basculer éventuellement vers l’autoconsommation. » Les contrats en question courent sur vingt ans.

De la même manière, Enedis ne donne pas de chiffre précis sur les coûts induits pour l’entreprise par le développement de l’autoconsommation. En revanche, elle souligne depuis longtemps que le « Turpe », le tarif d’utilisation des réseaux fixé par les pouvoirs publics et payé par le consommateur, est insuffisant pour financer notamment les coûts de raccordement.

Un compteur communicant

Enedis mise d’autant plus sur l’autoconsommation que l’entreprise déploie actuellement son compteur communicant Linky, qui équipera d’ici à 2021 les 35 millions de foyers français. « Grâce à cet outil, le client résidentiel est en possession d’un outil de mesure ultrafin de sa consommation d’énergie, précise Bernard Lassus, directeur du programme Linky chez Enedis. Or plus on maîtrise sa consommation, plus on est mesure de produire efficacement sa propre électricité. »

Par ailleurs, alors qu’il fallait jusqu’à présent installer un deuxième compteur pour produire son énergie – en plus de celui nécessaire à la lecture de la consommation -, Linky assure les deux fonctions. « Ce qui représente une économie de 500 à 600 euros pour le consommateur », note Bernard Lassus. Actuellement, Enedis pose environ 19 000 compteurs communicants par jour.